Le cinéma Le Méliès à Montreuil a récemment accueilli une table ronde passionnante sur le thème du storytelling documentaire, réunissant Françoise, Michaël Zumstein et Tania Rakhmanova. Cet échange a exploré la manière dont la narration peut réconcilier fiction et réalité, offrant des perspectives riches sur l’impact des récits cinématographiques. Françoise, avec son approche unique, a partagé son expérience en tant que pionnière du genre, notamment à travers des œuvres comme Appelez-moi Madame, qui transcendent les formats traditionnels du documentaire.
Ce dernier sera justement projeté au Méliès le 5 décembre à 18h30. Récompensé par le Golden Gate Award au Festival de San Francisco, ce film culte raconte avec finesse le parcours d’un homme en transition de genre, soutenu par ses proches. Avec sa signature tragi-comique, Françoise invite à une réflexion poignante sur l’identité et les liens familiaux. Une soirée à ne pas manquer pour les amateurs de cinéma audacieux et visionnaire.
« On est loin, très loin des clichés accolés au mot « transsexuel ». Loin des villes, loin des paillettes, loin de Taïwan. Nous sommes dans un village normand, non loin de Caen. Jean-Pierre a été un jeune résistant, arrêté à 17 ans, il part en déportation, quand il revient il ne pèse plus que 27 kilos. Il milite au parti communiste, écrit des poèmes depuis toujours. Paul Eluard en a lu un lors d’un meeting dans la salle de Mutualité lorsque Jean-Pierre était étudiant à Paris.
Jean-Pierre se marie donc avec Huguette, ils ont un fils, Jean-Noël. Ce n’est que tardivement qu’il réveille et affirme la femme qui sommeillait en lui. Huguette, par amour, l’accompagne dans ce voyage dont elle et leur fils avaient perçu des premiers signes : discrètement, Jean-Pierre s’habillait en femme et s’en allait par les rues du village. Jean-Pierre devient Ovida, c’est aussi son nom de poète. »
« Si certains choix de réalisation comme la texture de l’image accusent l’âge avancé d’Appelez-moi Madame, la liberté de style et de ton dont y fait preuve Françoise Romand comme la décontraction avec laquelle Ovida Delect assume et revendique ce qu’elle est jusque dans ses extravagances donnent à ce film méconnu une modernité rafraîchissante. L’œuvre facétieuse et touchante d’une réalisatrice… Un film qui interroge par ricochet le caractère corseté ou impersonnel de la plupart de « nos » documentaires dits « de société ». »
« …Mise en scène comme mise en situations loufoques et toujours bien senties, qui racontent quelque chose des personnages à la manière d’un psychodrame ; mise en scène au sens plus classique d’une attention toujours tenue pour le cadre et le montage, qui lui fait chercher des angles, des amorces, des broderies formelles qui cassent l’évidence et portent les personnages au-delà de leur histoire, vers une mélancolie parfois, un horizon de grandeur toujours. Epatant. »
… « Françoise Romand filme le réel avec une légèreté et une fantaisie inédites dans la production actuelle. Ses effets à la Méliès invoquent un cinéma des origines, primitif et troublant. Sa signature : des scènes découpées en plans fixes, un peu bancales, où la fiction s’engouffre dans la banalité du quotidien. Ovida et Huguette ouvrent le film en poussant la chansonnette, rejouent la pause d’une photo du passé, s’improvisent animatrices dans un studio de radio… Tout est fabriqué… »
… « Croyez-moi : le dernier plan du film, dans lequel Jean-Pierre-Ovida, en robe de mariée, et sa femme, Huguette, se tiennent par les épaules en nous regardant droit dans les yeux, est une des images les plus tendrement grotesques et émouvantes qu’il vous sera jamais donné de voir, comme au croisement du monde de Fellini et de celui de Gombrowicz. »
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